03/09/2015 Article dans les DNA

 
 
1 230 km en 86 heures
Trois cyclos des Vosges du Nord de Mertzwiller ont participé à l’épreuve « Paris-Brest-Paris ». Un défi relevé.
 
Paris, le 16 août à 16 h, plus de 6 000 cyclotouristes étaient entassés au vélodrome national de Saint-Quentin en Yvelines. Tous attendent le départ de la 18e édition du Paris-Brest-Paris. Le stress et l’inquiétude se mêlaient à l’espoir et aux rêves les plus fous. Cette épreuve, lancée en 1891 par Le Petit Journal , est aujourd’hui réservée aux cyclos. Pas de course et pas de compétition. Il s’agit d’une randonnée, d’un défi contre soi-même : terminer dans les délais. Il faut rallier Brest depuis Paris et inversement. Soit une randonnée de près de 1 230 km à réaliser en moins de 90 heures.
 
Une épopée
Le Paris-Brest-Paris est une épopée. C’est une épreuve de héros où les ennemis sont nombreux : la nuit, la circulation, le sommeil, la fatigue, le vent, la pluie, le dénivelé. C’est un long voyage où le simple amateur peut s’assimiler au plus grand des cyclistes. Et le public est là pour accentuer cette sensation de grandeur, prêt à offrir de l’eau et de la nourriture aux cyclos fatigués.
Les trois membres du CVNM, Christophe Amrhein, André Guth et Gérard Ketterer qui se sont qualifiés pour cette épreuve ont pu vérifier tout cela. Tous les trois sont des récidivistes qui aiment ces efforts intenses et prolongés. Le parcours n’est vraiment pas facile puisqu’il accuse un dénivelé de 10 000 mètres ! C’est un parcours truffé de côtes, surtout dans la vallée de Chevreuse, le Perche, l’Orne, les Alpes Mancelles et les monts d’Arrée.
En arrivant à Brest, c’est le froid matinal (pas plus de 5 °C au petit matin) et le brouillard au fond des vallées qui dominaient. Mais quelle belle image : la lumière rouge du point culminant du pont qui émerge du brouillard, alors que le reste est sous les nuages.
 
Ravitaillement et massage
Les époux Koessler, des bénévoles alsaciens installés de longue date dans la Mayenne, ont repéré les coureurs de Mertzwiller : ils ont pu pointer, se ravitailler, se reposer et même se faire masser en un temps record.
Un américain Jonas Nygard de Minneapolis, rencontré en cours de route, a eu également droit à cet accueil plus que chaleureux. De même que l’ensemble des participants qui purent compter sur le soutien des bénévoles et du public tout au long de la route.
À la tombée de la nuit, grâce à un éclairage puissant et au port d’un gilet fluo de haute visibilité, les trois cyclos sont repartis. Saint-Quentin était encore à 232 kilomètres. Ils ont entamé leur troisième nuit consécutive sur le vélo (malgré une pause de 2 à 4 heures la nuit précédente). Et les vaillants cyclos nord alsaciens ne se sont plus quittés jusqu’à l’arrivée.
Après 1 230 km et environ 86 heures d’efforts, Christophe Amrhein, André Guth et Gérard Ketterer, comme tant d’autres randonneurs de cette 18e épreuve, étaient épuisés mais heureux, la tête remplie de souvenirs. Les derniers contrôles passés, les carnets de route tamponnés, ils avaient officiellement réussi.
Cette randonnée est avant tout une grande aventure humaine. Malgré les douleurs endurées (selle, douleurs musculaires, dos, nuque, pieds, etc.) nombreux sont celles et ceux qui reviendront dans quatre ans, raconte le trio. Rien que pour revivre cette ambiance, que ce soit sur la route ou dans le magnifique vélodrome de Saint-Quentin-en-Yvelines à l’arrivée des cyclos en provenance de 66 pays différents.